Le Thionvillois André Venner est arrivé à Compostelle

André Venner et son épouse Sylvie ont pris le chemin de Compostelle à Schengen le 18 avril. Trois mois plus tard, le Thionvillois est arrivé à destination. Seul. Retour sur un pèlerinage de 2 500 km, riche en rencontres.

On me dit que c’est un exploit. Franchement je ne pense pas. C’est comme tout, le corps s’habitue à l’effort. » Pourtant André Venner vient tout de même de parcourir 2 500 km à pied en l’espace de trois mois. Ce n’est pas rien. Sa démarche initiale était spirituelle, européenne, mais c’était aussi un défi personnel qu’il comptait partager avec son épouse Sylvie. Ensemble, ils ont parcouru 800 km effectués en une trentaine de jours. « Mais elle a commencé à avoir très mal aux tendons. Moi j’ai eu des douleurs au début mais c’est passé. Elle, ça a empiré. » Sylvie décide de stopper l’aventure et rentre à Thionville en train. André a hésité. « Sylvie m’a encouragé à poursuivre mais j’avoue que j’ai eu un coup de blues en me retrouvant seul. » Il s’est accroché et est arrivé au bout de son périple le 18 juillet. En Espagne, Sylvie l’attendait avec leur fils. « Les retrouvailles ont été émouvantes. Tous les trois, on s’est rendu au Cap Finisterre en voiture, l’ultime étape du pèlerinage. On a aussi assisté à la messe des pèlerins. »

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De retour à Thionville, André a encore du mal à réaliser. « Lorsqu’on arrive au bout c’est déconcertant car on est fier mais en même temps triste. » Ce qui l’a le plus marqué, ce sont les rencontres, « Des Allemands, des Belges, des Québécois, des Espagnols, des Américains et même des Coréens… De tous âges, mais tous égaux sur le chemin. » Des personnes qu’il a côtoyées, une heure voire quelques jours, avec lesquelles il a partagé un repas. Il retient aussi l’accueil qu’il a reçu dans les villes traversées et dans les hébergements où il s’est arrêté. « On est un peu en dehors du monde, en dehors de la réalité. Les gens sont d’une extrême gentillesse. Jamais je ne me suis senti en danger. Jamais je ne me suis égaré. »

Bien sûr il y a eu les bobos, les ampoules aux pieds, les chaussures qui ont failli rendre l’âme dans les Pyrénées, ainsi que la lassitude physique mais André ne regrette rien. « J’ai beaucoup médité, pensé. J’en ai profité pour faire un bilan de mon existence. Ce qui est incroyable c’est qu’on parvient à se passer de tout, à vivre simplement. J’adore les livres. Je n’ai rien lu durant trois mois. Je n’ai pas regardé la télé. » Son seul lien avec le monde : son téléphone grâce auquel il a communiqué avec Sylvie, suivi les élections présidentielles et le Tour de France et alimenté sa page Facebook. « Je m’y suis tenu quotidiennement publiant des photos et racontant ma journée. J’ai reçu beaucoup d’encouragements et de soutiens. »

Sylvie a déjà collecté les centaines de photos prises qu’il va falloir légender. « Je vais peut-être encadrer mon certificat de pèlerinage jusqu’à Compostelle en souvenir. Mais dans l’immédiat, j’ai besoin de digérer tout ça. »

L’aventure l’a-t-elle transformé ? « À part les 10 kg perdus, non je suis resté le même ! Je ne partais pas dans l’idée de changer. Je voulais juste me prouver que j’étais capable de le faire. Bien sûr je vais garder contact avec mes camarades de route et je crois que je le referai avec Sylvie mais par étapes. Ces trois mois ont été une parenthèse. » Une expérience qu’il n’oubliera jamais.

Sabrina FROHNHOFER.
Le Républicain Lorrain, août 2017.

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